17-vulnérabilité


« L’intuition se révèle souvent bien plus dans notre vulnérabilité que dans une assurance défiante [...] »

Cette parole de mon ami claqua immédiatement dans ma conscience !

Elle a déjà nourri ma précédente chronique sur la crispation et l'importance fondamentale de savoir la détecter en soi, mais elle continue à résonner avec force en moi depuis lors... Je la ressens vibrer d'or, et, dans mon parcours personnel, parachever une compréhension vivante du fonctionnement spirituel par opposition à un fonctionnement purement intellectuel.

Je n'avais pas autant pris conscience avant, combien effectivement c'étaient, dans ma vie, mes périodes de vulnérabilité qui m'avaient permis le plus d'avancer, par la force qu'elles donnaient alors à mes aspirations et à mes prières. Les moments de grâce dans ma vie ont même toujours été consécutifs à des "aveux de faiblesse" intérieurs, car il y a alors une ouverture, une disponibilité qui se crée dans l'abandon conscient.

Quand je suis dans le confort matériel de ma vie quotidienne ou le confort intellectuel de mes certitudes, je ne mobilise pas vraiment, par paresse, mes ressources intimes. Par contre, lors de l'ébranlement du décès d'un proche ou de la peur de mourir, lors du sentiment de ma petitesse devant l'immensité d'un ciel étoilé, lors d'une forte nostalgie ou mélancolie, lors de difficultés personnelles ou d'une détresse intérieure..., là je sens quelque chose de subtil, d'indescriptible mais puissant qui se réveille en moi et s'invite, rappel et appel de Plus-Haut, pour me soutenir et me reconnecter à ce que je ressens être un essentiel, même s'il est intangible, au-delà des futilités terrestres qui nous enjôlent la plupart du temps. Ces moments sont précieux, si on les écoute. Là on touche fort le ressenti spirituel, donc l'intuition !

À l'inverse, je deviens suffisant si je m'estime suffisant. Besoin de personne quand l'ego fanfaronne ! Lorsque tout va bien et que l'on se sent fort, la prétention et la vanité peuvent très vite revenir insidieusement pointer le bout de leur nez. Attention alors à « l'assurance défiante » : "je sais que j'ai raison et je vais - et je veux - vous faire entendre raison" ! Je sens bien cette fausse assurance en moi quand je suis repris par une forme de tension intellectuelle et mentale me poussant à écrire ou parler pour répondre à, donc en réaction à, plutôt qu'une simple et tranquille affirmation de ma différence d'opinion et de conviction. Or c'est loin d'être anodin, car tout prend forme spirituellement. De la même façon que je m'alourdis l'estomac si je mange trop, si je me crispe sur, je rigidifie et densifie mes enveloppes animiques ! Les diverses impressions de lourdeur ou de légèreté intérieures que nous pouvons ressentir au cours des circonstances de notre existence sont toujours, elles aussi, liées à une réalité organique invisible. Et mon ami sensitif de préciser :

« [...] dans une assurance défiante, qui est souvent causée par un cocon tissé autour de l'âme et qui peut nous faire ressentir une fausse sécurité. »

Ce n'est pas cela, être fort. Être fort, c'est avoir des enveloppes à la fois protectrices ET perméables, à l'image des membranes de nos cellules, car rien ne peut vivre ni perdurer sans échange avec l'extérieur, sans porosité avec l'environnement. Il en va donc des enveloppes astrales et subtiles de notre esprit comme du corps physique, notre enveloppe matérielle la plus extérieure : à part dans le cas d'une blessure, qui peut temporairement nécessiter un "plâtre" le temps de la guérison, aucune ne doit être, par un vouloir spirituel erroné ou une pratique énergétique non maîtrisée (de type Reiki par exemple), transformée en une coque rigide et insensible. Car l'esprit incarné doit toujours pouvoir, à travers toutes ses enveloppes, à la fois rayonner jusqu'au niveau matériel, pour pouvoir y agir dans toute sa force, ET recevoir pleinement de la matière, non étouffées, toutes les stimulations nécessaires à sa maturation. Ce double mouvement esprit <-> matière est aussi crucial pour l'esprit humain que celui de la respiration pour le corps terrestre ; la "respiration de l'esprit" ne doit pas plus être entravée que celle du corps, sinon il se crée une dysharmonie vibratoire préjudiciable à l'évolution de l'esprit. [Il est bien sûr tout aussi dommageable de mettre en péril artificiellement, par des pratiques et formations occultes (spiritisme, channeling, voyage astral...), la protection naturelle que les enveloppes procurent à l'esprit ici-bas. Cela revient de façon inconsidérée à s'ouvrir à des dangers inconnus, dont on demeure justement protégé en ne leur ouvrant pas la porte ; c'est alors comme faire un trou dans une barque sur l'eau alors qu'on ne sait pas nager !]

La caractéristique la plus essentielle pour la pérennité du vivant est donc toujours sa mobilité intrinsèque, sa faculté à s'adapter aux situations, à se rendre malléable... tel le roseau qui plie sous le vent mais ne rompt point. C'est ainsi qu'il faut comprendre la parole de l'apôtre Paul : « Quand je suis faible, c'est alors que je suis fort. » Dans ce type de phrase paradoxale pour le mental réside souvent une grande vérité spirituelle, d'autant plus perceptible alors à notre esprit que sa forme particulière fait "bugger" notre mental, lequel est incapable de la saisir du fait de sa vision binaire, manichéenne des choses ; seul l'esprit peut appréhender et accueillir le paradoxe, en le saisissant dans toutes ses dimensions, unifiant alors les contraires. « Quand je suis faible, c'est alors que je suis fort » signifie que la faiblesse apparente - du point de vue de l'intellect - est en réalité la véritable force - du point de vue de l'esprit (dans l'opportunité intérieure qu'elle procure). À l'inverse sinon, si mon ego est trop fort, je suis faible en réalité, faible en moi-même, car nécessairement esclave de mes pensées, pulsions et émotions !

L'ESPRIT doit toujours être fort ! Et c'est le cas, s'il n'est pas entravé ou fragilisé de par son propre vouloir. S'il est libre et mobile, l'esprit est capable de tout surmonter lui-même (en lien avec la Lumière), car il a une faculté de résilience naturelle. Mais sur terre, il faut pour cela qu'il soit plus fort que l'intellect, qu'il doit dominer ou maîtriser au lieu d'y être soumis. Or, comme nous ne savons plus aujourd'hui ce qu'est vraiment l'esprit (nous confondons esprit et intellect, ressenti et sentiment, intuition et pensées, etc.), il est paradoxalement plus facile, pour faire l'expérience vécue de ces processus, en approcher une connaissance vivante, de considérer que "je suis plus fort quand je suis faible" (puis-je sentir une force inattendue dans ma faiblesse ?) et, à l'inverse, que "je suis plus faible quand je suis fort" (puis-je sentir une faiblesse inavouée dans ma force supposée ?). Au moins dans un premier temps, jusqu'à bien différencier en moi le "je" de l'esprit et le "je" de l’intellect...

Bien entendu, il ne faut pas pour autant faire de la faiblesse ou de la vulnérabilité un nouveau dogme ; il n'est pas question ici de chercher à être vulnérable, ni de prôner la faiblesse. Ne confondons pas aveux de faiblesse et abus de faiblesse ! Ce serait retomber dans le piège binaire du mental, qui, à l'opposé de l'orgueil, se complairait alors dans l'auto-dévalorisation et la soumission, ne s'attribuant aucune valeur en tant que "pauvre pécheur"... Non !

Il ne faut simplement pas avoir peur de la vulnérabilité lorsqu'elle se présente. Ne plus la rejeter ou la refouler comme une ennemie. Être ouvert à la vulnérabilité, ou mieux dit : être ouvert à l'ouverture que suscite la vulnérabilité.

Apprenez à aimer ces moments de fragilité intime, et laissez-les vous reconnecter à la source vitale intérieure, votre vibration spirituelle essentielle. Pour ce faire, accueillez-les d'abord dans votre solitude et votre silence. Laissez-les vous ramener dans l'humilité, ouvrir votre cœur... Puis n'hésitez pas à demander de l'aide autour de vous, et à prier pour l'Aide. Remettez-vous-en à Plus Grand que vous ! Demandez la Force dans la faiblesse ! Et révélez-vous alors ouvert, mobile, DISPONIBLE à la Vie, même dans cette faiblesse apparente, qui du coup n'en sera plus une, car vous aurez découvert le plus précieux qui soit pour vous, la seule et véritable force : votre force spirituelle !

Pour ceux qui croient ne pas avoir les ressources intérieures pour cela, je suis disponible pour aider.